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Mercredi 2 janvier 2013 3 02 /01 /Jan /2013 11:30

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Marie Lise Labonté

Extraits de son livre Parlez-moi d’amour vrai, p. 203 à 212 - Les éditions de l'homme - 2007. 


Pour qu’une relation de couple soit créatrice, une base d’amour solide est nécessaire en chacun des êtres qui forment le couple. Cette base vient, entre autres, de notre capacité d’intimité avec nous-mêmes et de l’harmonie qui règne entre les deux parties de notre dualité intérieure. J’ai souvent vu des couples qui avaient connu toutes les formes d’amour décrites dans les premières parties de ce livre et qui en arrivaient à un amour créateur. Ces couples, qu’ils aient été composés de deux hommes, de deux femmes ou d’un homme et d’une femme, se sont aimés à travers les conditionnements amoureux et les besoins de fusion et de dépendance de chacun. Ils se sont aussi aimés dans la haine et le conflit. Ce sont des couples qui, après avoir connu toutes les formes contractées de l’amour, ont finalement lâché prise pour s’aimer librement, dans le détachement.

Pour aimer l’autre et continuer notre quête d’amour au quotidien, nous avons besoin d’être équilibrés intérieurement, c’est-à-dire que la relation se fasse bien entre notre conscient et notre inconscient; nous devons également être réceptifs tant à l’élan amoureux qui émane de nous qu’à celui qui vient de l’autre. Nous devons aussi nous engager, même s’il s’agit d’un engagement qui, au début surtout, se renouvelle au quotidien.

Pour que la relation à l’autre soit créatrice, il est important que nous vivions notre amour sans avoir besoin de prendre le pouvoir sur l’autre, de nous gratifier, de redorer les barreaux de notre prison et, surtout, sans attendre que l’autre réalise l’amour à notre place.

La base de l’amour

Dans un couple, la base solide de l’amour provient de la conscience individuelle que chacun a d’aimer et d’être aimé. La conscience d’aimer est une énergie qui émane du centre du soi et va vers soi, intérieurement, et vers l’autre, extérieurement. Elle est une présence à l’amour, à tout ce qui nous entoure.

Nous sommes loin de la projection de nos besoins sur l’autre ou de l’attente de l’amour de l’autre. Dans le couple qui aime, cette base est là et ne disparaît pas. Elle est une présence, tel un feu dont la flamme est toujours allumée et alimentée par chacun dans la conscience d’aimer. Cette conscience donne au couple créateur la sécurité qui lui est nécessaire. Grâce à elle, les qualités inhérentes à notre être peuvent s’exprimer sans risque d’être bafouées. Ces qualités sont la sécurité, la reconnaissance, la confiance, le respect, la bienveillance, l’accueil et l’équité. Elles s’installent lorsque les besoins fondamentaux qui leur correspondent sont assouvis en chacun et que la blessure d’amour de chacun n’est plus projetée sur l’autre. C’est cette alchimie qui permet que les besoins se transforment en des qualités d’âme et d’être. Ce faisant, l’amour est et devient créateur. De quoi avons-nous besoin pour créer un couple? Nous avons besoin de cette base d’amour, de cet engagement réel à exister avec nos qualités humaines fondamentales.

La traversée des « grandes eaux »

Le couple qui aime, n’aime pas uniquement l’ego de chacun et son petit univers de couple. Non, le couple qui aime irradie l’amour dans une ouverture aux autres. C’est pourquoi ce couple est créateur, il a traversé les « grandes eaux « . J’utilise ici l’expression du Yi King pour désigner la traversée des diverses formes d’amour évoquées au fil de ce livre. Cette traversée peut avoir été effectuée en solitaire ou en couple. L’important est que lorsque deux individus ont traversé les grandes eaux, ils vivent différemment l’amour en eux et autour d’eux, car ils en connaissent les pièges: le retour de la blessure d’amour, la litanie des besoins non satisfaits, le manque, la dépendance vis-à-vis de l’autre, les compulsions, les projections, et toutes les autres formes de protection. La possibilité que le cœur se referme est toujours présente; il est en effet tellement plus facile de fermer son cœur à nouveau que de le maintenir ouvert! Mais le couple qui aime sait discerner l’amour vrai de l’amour qui infantilise et qui blesse.

La traversée des grandes eaux fait partie du processus d’individuation; chacun de nous est appelé à la vivre individuellement même s’il peut être accompagné par sa relation de couple.

Le processus d’individuation ne concerne que soi. Il est un engagement et la manifestation que nous prenons la responsabilité bien réelle de suivre notre propre chemin et de nous libérer des conditionnements qui altèrent l’amour en nous et l’amour que nous portons à l’autre. Ce choix est personnel. Nous ne pouvons pas vivre l’amour au quotidien pour l’autre, nous devons d’abord le vivre pour nous. C’est ce qui nous permettra de le vivre ensuite avec l’autre.

Si la traversée n’est vécue que par un seul membre du couple, celui-ci s’étiole. La base première du couple se transforme, les aspirations amoureuses ne sont plus les mêmes. Il arrive quelquefois qu’une séparation temporaire soit nécessaire pour permettre à celui qui n’a pas traversé les grandes eaux de vivre ce processus. Les partenaires d’un couple sont libres de s’attarder sur l’îlot des attachements, sur le quai de la dépendance affective ou aux rivages du ressentiment. Chacun est également libre de vivre son processus à son rythme. La traversée relève d’un réel engagement vis-à-vis de soi et de l’amour. L’engagement n’est pas superficiel et n’implique pas nécessairement un contrat extérieur; il résulte avant tout d’une fidélité à soi et d’une harmonisation intérieure entre les différentes parties de soi.

Cette traversée ne peut pas s’effectuer si la dualité intérieure propre à chacun des partenaires n’est pas vécue dans l’harmonie. Si la partie féminine de l’un des partenaires est en grande souffrance, ce partenaire, qu’il soit homme ou femme, risque de s’attarder à des détails de l’autre stimulant un retour à la souffrance d’aimer. Il s’ensuivra un attachement infantile à l’autre qui entrave l’amour. À l’inverse, si la partie masculine de l’un des partenaires est déficiente, ce dernier aura peur de s’engager. Il préférera le « flou artistique » à l’action qui consiste à s’engager. Il est difficile de traverser les grandes eaux en tirant par la main des parties féminines et masculines de soi qui sont encore retenues par un passé douloureux. Il est également difficile de connaître l’expression créatrice de l’amour dans le couple si chacun n’a pas évolué en fonction de sa propre vérité intérieure. Certains couples réussissent ce passage délicat: l’un des partenaires aide l’autre, voire l’entraîne à traverser les grandes eaux… Aimer libère l’élan d’amour. Retenir l’amour enclenche un retour à soi qui alimente l’inhibition de son potentiel créateur.

L’expérience du vide créateur

La traversée des grandes eaux implique aussi la rencontre avec le vide créateur. Il est important que les deux partenaires aient apprivoisé le vide en eux pour pouvoir vivre le vide créateur au sein de leur couple. Car le vide est toujours présent dans l’amour. L’amour est mystère, nous ne pouvons le saisir pas plus que nous ne pouvons le conserver dans un bocal. Cela est difficile à accepter pour notre personnalité, surtout si elle est contractée; elle a du mal à se laisser aller à la réalité de l’amour, à son mystère; difficile de supporter qu’il soit insaisissable. Ceci fait non seulement peur mais renvoie au néant. Or, notre personnalité consciente a besoin de contrôler, de connaître, d’analyser, de calculer pour savoir où sont les limites, les repères; ce sont les fonctions du moi conscient. Le rôle de notre personnalité est d’agir comme un filtre entre notre monde intérieur et le monde extérieur. La contraction du filtre fait que le vide peut être intolérable. Pour connaître l’amour, qui est fait de vide et de plein, de détachement et de lien, il est nécessaire que les partenaires aient apprivoisé leur vide intérieur, l’intimité avec eux-mêmes. Le vide inhérent à l’amour, à la vie: à la mort et à la solitude, la rencontre avec le rien et le tout, la rencontre avec l’incommensurable de la Vie et de l’Amour.

Dans un couple qui traverse les grandes eaux, ce vide est présent en chacun et entre les deux personnes. Il est ce moment d’apnée dans l’orgasme, quand tout est tellement plein qu’il n’y a plus rien, sauf le silence, l’arrêt du souffle, la mort, le plongeon dans l’inconnu. Il est ce moment d’apnée dans un regard, un silence, un toucher de la main au cœur d’un quotidien quand, soudain, le temps n’existe plus. Ce sont des moments de partage intenses durant1esquels le couple ‘est en présence du trois: le troisième étant cet amour qui les enveloppe, qui les entoure, créé par la fusion de deux partenaires qui se sont abandonnés l’un à l’autre. Cette enveloppe n’est pas palpable physiquement; elle est intemporelle elle est une matrice qui soutient les deux êtres qui se sont livrés l’un à l’autre…

Le plus vaste que deux

Lorsque les partenaires peuvent se rencontrer dans le vide, accepter de ne pas tout comprendre de l’autre, de ne pas tout connaître, accepter de laisser passer le souffle, la respiration, le silence, ils ouvrent la voie à la création d’un espace plus vaste que chacun d’eux et plus vaste que leurs deux espaces mis ensemble. J’appelle cet espace le plus vaste que deux, que symbolise l’équation 1 + 1 = 3. Le plus vaste que la somme des deux vient d’un détachement par rapport à l’autre, un détachement qui permet à la vie de circuler, à l’amour d’être là, vibrant en chacun et entre les deux. Lorsque nous acceptons de l’autre sa vie, son mouvement, sa liberté, son amour, sa différence, sa créativité, nous acceptons son individuation. L’autre peut être là, en notre présence, tout en s’individuant, en continuant d’être et de devenir un individu à part entière. Chacun s’apparente alors pour l’autre à une présence créatrice et bienveillante.

De là viennent la respiration, la détente qui fait que la créativité, l’essence même de l’amour, existe. Chacun est une matrice permettant la fusion et le détachement, le lien et la liberté, l’engagement et l’individuation. Alors, le mystère de l’amour peut être vécu et se déployer en l’autre comme en soi. L’amour peut s’épanouir dans la création et le quotidien du couple devient une source d’inspiration.

La sexualité

La sexualité du couple créateur est une exploration créatrice dans le contexte d’un quotidien qui se vit dans la simplicité du cœur et la spontanéité de l’engagement. Elle est libre, dégagée de craintes et de projections, différente à chaque nouvel échange.

Elle ne connaît pas de monotonie, seulement la joie du partage spontané. Elle ne connaît pas de décision prise à l’avance de recevoir ou de donner. Non, elle est une rencontre entre deux âmes bien incarnées dans leur chair, qui partagent un moment d’intimité et d’amour. Deux êtres qui se laissent aller à une exploration spontanée, qui se laissent porter par leurs énergies fusionnant à travers les trois diaphragmes: pelvien, thoracique et crânien. Deux corps, deux cœurs, deux consciences qui s’unissent et créent une vibration plus élevée que la leur: 1 + 1 = 3.

Pour vivre ce processus de fusion, chacun choisit de perdre son identité, son « Moi, je « , et devient « Nous ». Un Nous qui n’est pas enfermé dans un « faire l’amour » fondé sur des positions d’autosatisfaction. Un Nous qui laisse deux corps, deux cœurs, deux consciences se rencontrer dans le détachement. Le but n’est pas l’orgasme ou l’autosatisfaction. Il n’y a pas de but, il y a le processus, le chemin de l’amour créateur. C’est cette évolution en toute liberté qui permet de fusionner avec l’autre.

Ce Nous est alors l’expression d’une respiration, d’une mouvance, d’un abandon, d’une fluidité – l’individualité s’y perd comme dans un grand tout, un grand vide créateur.

Ce que je viens de décrire n’est pas nécessairement un processus conscient. L’exploration de la force d’amour dans la sexualité peut être inconsciente. La sexualité n’est qu’une des multiples facettes de l’acte créateur.

Le mystère de l’amour

Qu’y a-t-il entre nous et l’amour? L’inconnu, le mystère. Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que nous ne pouvons pas étudier ni même comprendre l’amour. Nous pouvons disséquer les formes d’amour contracté, mais nous ne pouvons pas faire l’autopsie d’un amour créateur, pas plus que nous ne pouvons comprendre la mort ou la vie. Nous pouvons cependant être témoins de la mort, de la vie, du processus d’individuation, nous pouvons être témoins de l’amour, et nous pouvons être acteurs.

Reconnaître que l’autre est un mystère demande d’accepter le détachement et nous délivre de la dépendance. Comment, en effet, être dépendants d’un mystère? Par contre, nous pouvons fusionner avec ce mystère afin d’expérimenter la part de mystère qui existe aussi en nous. Je dis souvent aux thérapeutes qui se sont initiés à mon approche que la clé de la guérison se trouve dans celui qui souffre, non dans le thérapeute assis en face de la maladie de l’autre. La personne souffrante a en main la clé de sa libération. Il en est de même dans le couple ou dans la relation à deux ou à trois: l’autre est habité par le mystère de l’amour. À partir de là, tout est possible.

L’amour nous porte si nous nous laissons porter par lui. Cela exige de notre personnalité, qui aime contrôler, qu’elle lâche prise. Si nous laissons l’amour nous porter, nous acceptons de perdre l’illusion de connaître l’autre et de connaître l’amour. S’il y a quelque chose de réducteur, c’est de penser que l’autre ou l’amour puisse être ramené à une connaissance. Entretenir cette idée revient à couper ses ailes à l’amour. Lorsque nous nous laissons porter par l’amour, nous avons le sentiment que « l’amour donne des ailes » et nous le disons. Nous avons ici la preuve directe que l’amour nous élève et qu’aimer nous ouvre au mystère de l’amour. Il est vrai que l’amour nous porte au sens où il nous sort des prisons dorées de la dépendance et de la souffrance. Et cela, même si nous avons quelquefois l’impression qu’il nous oublie. En fait, il continue de nous porter à travers le regard aigu auquel nous oblige la réalité quotidienne, le regard aigu que nous donne la souffrance ou la perte.

L’amour consiste-t-il à aimer l’autre? Non, car dans l’amour, l’autre n’est plus, il devient une part de nous. L’amour consiste-t-il à s’aimer soi-même? Non, car dans l’amour, nous ne sommes plus, nous sommes devenus une part de l’autre. M’aimer est l’aimer, l’aimer est m’aimer.

Marie Lise Labonté

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Lundi 29 octobre 2012 1 29 /10 /Oct /2012 07:57

Il suffit d’inviter des octogénaires à passer quinze jours dans une résidence où le décor et l’ambiance ont été conçus comme vingt ans en arrière (mobilier, musique, thèmes de discussion…) pour noter des améliorations physiques immédiates (tension, vision, motricité…). Il suffit d’indiquer à un professeur, au su de ses élèves, que certains d’entre eux ont des QI supérieurs à la moyenne pour que ces élèves, aux QI parfaitement moyens, fassent des progrès notoires dans les six mois qui suivent. Nous sommes le fruit des attentes de notre entourage. Qui me regarde ? Comment me regarde-t-on ? Qui attend le meilleur de moi quand d’autres me condamnent d’avance ? Ce tri à son importance. Pour me sentir soutenue, pour limiter les influences négatives, mais aussi pour veiller au regard que je porte sur les miens. Mes enfants, mes collègues, mes interlocuteurs et moi sommes interconnectés. La confiance que nous plaçons les uns dans les autres affecte, par ricochet, notre confiance en nous-mêmes. Alors je fais du rangement dans mes relations de temps en temps pour que nous continuions tous à briller comme nous le méritons.

 

source : http://www.psychologies.com

Samedi 20 octobre 2012 6 20 /10 /Oct /2012 12:36

LE MIXAGE PHOSPHÉNIQUE EN PÉDAGOGIE  :   link

 

Un autre lien pour le phosphenisme : link

 

La lecture sous phosphène : link

 

Forum : link

 


 

J'ai fait l'expérience du phosphène avant de dormir deux fois et je dois dire que l'endormissement est instantané apres les trois minutes que dure le phosphène. 

 


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